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Cet accouchement de mes rêves – partie 2

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Je continue aujourd’hui (il était temps) mon récit de ponte. Je suis donc sur le tabouret d’accouchement. Le Padre s’installe sur le siège derrière. J’ai un peu l’impression d’être assise sur les chiottes mais sinon à part ça c’est relativement confortable, la position allongée ne me fait pas envie de toute façon.

Viviane (la SF) me fait une prise de sang et me pose un perf, du coup j’en voulais pas et c’était bien indiqué dans le projet de naissance (pourtant elle l’a lu je l’ai vu faire à mon arrivée) mais étant déjà complètement dans ma bulle j’ai absolument pas tilté. C’est bien après que je me suis dis « Hé l’autre! » Vu que j’ai pas bougé du tabouret ensuite heureusement ça ne m’a pas gêné plus que ça. Une auxiliaire de puériculture se présente à nous, elle nous accompagnera aussi je l’appellerai Patricia. Viviane de son côté m’explique comment utiliser les deux bandes de tissu pour qu’à chaque contraction je m’en serve pour m’étirer.

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         En gros c’était comme ça

De son côté Patricia sort un lecteur CD et nous met de la musique, on n’avait rien demandé mais c’est hyper agréable. Les chansons qui passent sont « actuelles » mais se sont des versions douces, du coup c’est relaxant mais c’est pas non plus gnangnan.

Une ambiance zen se créée, il fait nuit, la pièce est peu éclairée, c’est calme, on entend un fond sonore discret, il  n’y a que nous et Viviane, parfois Patricia passe mais en toute discrétion. J’ai l’impression que cette ambiance cocon m’aide a gérer tranquillement le travail.

Ah si y’a quand même Viviane qui passe son temps à replacer le monitoring, manifestement monsieur fœtus dansait la tecktonik là dedans car elle perdait sans cesse les battements de son cœur. Et putain elle me fait mal, j’ai même l’impression qu’à m’appuyer sans cesse sur le bide elle me provoque des contractions. Je lui sors tout le temps des « Maaaais euuuuuh vous me faites mal! » et elle me dit « mais non c’est les contractions! » moooouais on va dire ça…

A part ça elle est cool, elle m’accompagne bien car au début je gère les contractions tel un cornichon moldave, entre les contractions je reste crispée ce qui fait que j’ai mal tout le temps et que je me fatigue à donf. Elle me montre comment reposer mon corps sur les bandes de tissu, elle m’encourage, elle me guide en douceur, ouf ça va mieux.

De son côté le Padre qui est situé derrière moi, prend le relai pour me guider et m’encourager, heureusement qu’ils sont là car ils me « recadrent » sinon j’aurais tendance à me crisper et n’être qu’une boule de douleur. Par contre le Padre est déçu car étant dans mon dos, il pourrait me masser, d’ailleurs le tabouret est aussi prévu pour que la maman se repose sur le papa située derrière elle, mais en fait je supporte pas qu’on me touche pendant le travail, c’est épidermique, mais bon il me soutient moralement c’est déjà beaucoup.

A chaque contraction je gémis, ça doit ressembler à une vache qui beugle mais j’en ai strictement rien à foutre ça me fait du bien de faire sortir ces gémissements, je m’agrippe aux tissus et m’étire de tout mon poids dessus ce qui me soulage beaucoup et en plus ça aide le bébé à descendre. D’ailleurs il me « pèse » je sens à quel point ça appuie en bas, je sens que les hémorroïdes seront mes potes très bientôt…

Je pense à la péri, comme ça de loin mais elle ne me fait pas envie, j’en ressens pas le besoin. J’ai mal mais je sais que ça va passer. Je pense à ma copine Kisbuel qui pour se motiver se disait que tout cela avait une fin et ma foi je dois dire que ça m’a bien aidé (bretzels en pluie du matin sur toi).

A un moment je me souviens que j’en ai eu marre et d’avoir déclaré que j’y arriverai pas, je ne sais plus si c’est la SF ou le padre qui m’a encouragé en me disant que tout allait bien et que je gérais la fougère, ben pas chiante la fille j’y suis retournée vaillamment (dans ton cul la phase de désespérance!)

La SF m’examine et indique que c’est bon je suis à 10. Sauf que bon le bébé semble pas vouloir descendre plus, du coup elle me propose de pousser pour voir ce que ça donne.

OK girl on tente! Je pousse donc en tirant comme une cinglée sur les bandes de tissu tout en braillant comme une truie qu’on égorge (le padre a eu peur de moi à ce moment là huhu chochotte). Ben tu vois ma gueuse c’est pas que j’avais plus mal qu’avant, mais crier c’était comme un instinct animal, j’avais l’impression de tout donner de ma personne et ça m’aidait d’extérioriser ça par des cris.

Viviane et Patricia s’agenouillent devant moi, la poussée est efficace on va y aller, Viviane a un haricot en métal avec du matos dedans, je ne vois pas trop quoi d’ailleurs. Je lui sors « Vous allez pas me faire d’épisio hein?! » elle rigole en me disant « Même si je voulais vous en faire une je ne pourrais pas, je ne vois rien dans votre position! » ouuuf

Je pousse donc encore 2-3 fois, je sens vaguement que le bébé passe mais ça fait un bout de temps déjà que je suis comme écartelée « là » donc c’est pas une sensation forte, et soudain on me tend un petit être tout gluant. Ledit petit être me pisse quasi immédiatement dessus (tu sais, gènes de la classe toussa). Il me paraît minuscule à côté de mon Pepito géant. Il pleure à peine. Je demande a ce qu’on m’allonge car je suis fatiguée d’être assise, on me redonne mon petit globule qui fait des grands bruits de bouche comme des bisous qui claquent me signifiant qu’il a la dalle. C’était trop mignon de le voir réclamer et aller instinctivement au sein comme ça!

J’avoue qu’après je suis restée dans un état de « sidération » d’avoir réussi à « le faire ». En à peine 4 heures tout s’est parfaitement enchaîné comme je le rêvais. Pourtant je n’y croyais pas trop car au fond de moi je pensais que ça serait encore un fiasco médicalisé. Mais non bordel cette fois je l’ai eu mon accouchement de rêve!

Rendez-vous au PMU pour fêter ça, c’est ma tournée!

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